Bienfaits et dangers des huiles essentielles : les conseils d’une pharmacienne et aromathérapeute

Publié le 27 août 2020 sur www.franceinter.fr

Très en vogue, les huiles essentielles font parfois office de remède miracle. Mais le sont-elles vraiment ? Comment s’y retrouver parmi tous les produits proposés ? Et surtout comment les utiliser ? Si vous ne deviez en avoir que trois, quelles seraient-elles ? Les conseils d’une pharmacienne et aromathérapeute.

Quoique vous choisissiez en huile essentielle, il est important de la choisir bio
Quoique vous choisissiez en huile essentielle, il est important de la choisir bio © Getty / BSIP

Dans son émission « Grand bien vous fasse », Ali Rebeihi et ses invités ont fait le point sur les vices et vertus des huiles essentielles. Parmi ces derniers, Françoise Couic-Marinier, pharmacienne et aromathérapeute, est aussi l’autrice de Huiles essentielles, Le guide complet pour toute la famille (aux éditions Solar). Voici ses recommandations pour bien choisir et bien utiliser les huiles essentielles.

Comment bien choisir une huile essentielle ?

Le docteur Gilles Dixsaut rappelle que la fabrication de nombreuses huiles essentielles reste artisanale, donc peu contrôlable. C’est un premier point. Ensuite Françoise Couic-Marinier rappelle qu’il y a deux types d’huiles essentielles :

  • Celles obtenues par distillation,
  • et celles obtenues par expression.

Dans le premier procédé, il s’agit de faire passer de la vapeur d’eau dans une cuve remplie de plantes aromatiques. Celle-ci se charge alors des essences des plantes, et ressort sous forme liquide, ce qui donne l’huile essentielle.

Dans le second, qui ne concerne que les huiles essentielles à base d’agrumes, il s’agit de « gratter les zestes ». Et c’est là que la pharmacienne alerte sur le choix à faire.

« En règle générale sur un agrume, un citron, par exemple, on a à peu près 23 pesticides, donc on les récupère dans le flacon pour se soigner de manière naturelle et on finit par absorber autant de pesticides. »

Ainsi il est impératif si l’on souhaite se procurer des huiles essentielles de regarder si elles sont bio, si elles ont une certification, si vous avez le nom latin exact.

À ces premiers critères de choix, la pharmacienne ajoute qu’il est très important de vérifier également le numéro de lot, la date de péremption, parce que si on inhale une huile peroxydée, cela peut être déclencheur de crises d’asthme.

Quelles sont les contre-indications et les précautions fondamentales ?

Il est fondamental dans un premier temps de regarder les pathologies qu’on a, et de demander l’avis d’un médecin, d’un pharmacien, d’un ou d’une professionnelle de santé d’une manière générale, parce qu’il peut y avoir des interactions médicamenteuses déconseillées.

Ensuite, concernant les contre-indications, il est nécessaire de vérifier les molécules que contient l’huile essentielle que l’on s’apprête à utiliser. Rappelons que les huiles essentielles ne sont pas recommandées d’une manière générale pour les femmes enceintes, allaitantes et les jeunes enfants.

Si on a une peau sensible, irritable, si on est allergique, par exemple, on teste d’abord avant de faire une allergie. L’huile essentielle de cannelle peut brûler la peau au deuxième degré. 

Comment bien les utiliser ?

L’avantage des huiles essentielles, c’est qu’on peut les utiliser sous différentes voies. Par voie orale, la pharmacienne nous conseillera plutôt les capsules toutes prêtes, déjà diluées dans l’huile végétale, afin notamment d’éviter les brûlures d’estomac et autres remontées acides.

En diluant l’huile essentielle et en l’appliquant sur la peau, par exemple sur la plante des pieds pour l’asthme sévère, cela peut être une manière plus sécurisée car on s’éloigne des poumons et on évite une réaction allergique.

En mettre quelques gouttes dans son bain en revanche est à proscrire pour Françoise Couic-Marinier. La pharmacienne souligne par ailleurs l’importance de respecter la dilution des huiles :

On considère qu’une goutte d’huile essentielle de cannelle correspond à peu près 75 bols de tisane, donc c’est énorme.

Et enfin, principe fondamental de toute utilisation d’un produit de pharmacopée, on respecte la posologie scrupuleusement.

Quelles sont les trois huiles essentielles à avoir chez soi ?

  • L’huile essentielle de lavande officinale pour ses nombreuses propriétés comme apaisant, anti-inflammatoire ou encore antiseptique.
  • L’arbre à thé (ou « Tea Tree ») également pour ses propriétés antiseptiques, voire antibiotiques (sur l’acné en tout cas).
  • Et enfin le Ravintsara, qui, en entrée d’hiver, est un antiviral qui peut diminuer la charge virale ou stimuler les défenses immunitaires.

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LEXIQUE 

⚗️ Qu’est ce qu’un chémotype (ou chimiotype) ? 

Pour faire simple, lorsque l’on définit un chémotype d’une huile essentielle, on différencie les huiles essentielles extraites d’une même plante.  Comme le rappelle notre pharmacienne, c’est justement de leur devoir en tant que « professionnels de santé, de connaître les molécules qu’il y a à l’intérieur ».

🌱 Aromathérapie

Thérapie par les huiles essentielles : se soigner par les odeurs. Pour Françoise Couic-Marinier, on peut soigner beaucoup de choses avec l’aromathérapie mais elle a ses limites notamment au niveau des formations. Car il existe celles réservées aux professionnels de santé (en universités le plus souvent) et celles privées dont on ignore le sérieux.

Sprays et diffuseurs aux huiles essentielles : ils peuvent être dangereux chez les enfants

Publié le 11 juillet 2020 sur www.topsante.com

huile essentielle

L’Anses tire la sonnette d’alarme vis-à-vis des sprays et diffuseurs aux huiles essentielles qui peuvent être responsables d’intoxications graves. Les recommandations.

Les sprays et diffuseurs aux huiles essentielles se multiplient dans les supermarchés et les magasins spécialisés : mis en avant pour leurs vertus « assainissantes », « épuratrices » ou encore « purificatrices », ces produits jouent sur l’argument « naturel » pour rassurer les consommateurs.

Selon une récente publication de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), les sprays et diffuseurs aux huiles essentielles pourraient toutefois se révéler dangereux pour la santé.

Les experts ont analysé 4114 incidents liés à ces produits survenus en France et enregistrés par les Centres antipoison entre le mois de janvier 2011 et le mois de mars 2019. Première information : les sprays et diffuseurs aux huiles essentielles représentent surtout un danger pour les enfants autour de l’âge de 5 ans (48,5 % des cas recensés).

Sur les 4114 incidents recensés, 1387 intoxications étaient de gravité faible, 37 de gravité moyenne et 8 de gravité forte. Il s’agissait principalement d’expositions aux huiles essentielles par voie orale ou buccale (48,2 % des cas), par voie oculaire (34,5 %), par voie cutanée (17,3 %) et par voie respiratoire (11,5 %).

Les huiles essentielles ne doivent pas être employées à la légère !

Les principaux symptômes de ces intoxications aux huiles essentielles étaient des atteintes digestives (nausées, vomissements…), des atteintes oculaires (irritations des yeux…) et/ou des atteintes cutanées (rougeurs, éruptions sur la peau…). Les experts notent que, parmi les 8 cas les plus graves, 3 étaient survenus « dans des conditions normales d’utilisation, c’est-à-dire telles que recommandées par le fabricant« …

Quelles sont les recommandations des spécialistes ? Primo, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) explique que « les produits riches en phénols ou en cétones, substances irritantes pour les voies respiratoires, sont inadaptés à la diffusion ou à l’inhalation » – cela concerne en particulier les huiles essentielles de cannelle de Ceylan, d’estragon, de clou de girofle, de thym à thymol, d’eucalyptus mentholé, de sauge officinale, de thuya, d’armoise et de menthe poivrée.

Deuzio, l’Anses souligne que « au même titre que les produits détergents ou les médicaments, les sprays ou diffuseurs ainsi que les flacons à base d’huiles essentielles doivent rester hors de portée des jeunes enfants« . En outre, en cas de pathologie respiratoire ou chronique (épilepsie, BPCO, asthme, allergie respiratoire…), un avis médical est nécessaire avant d’utiliser un spray ou un diffuseur d’huiles essentielles. Enfin, les autorités sanitaires soulignent qu’il est nécessaire d’aérer régulièrement son logement – même en plein hiver…

Source :  Anses