Oligothérapie : les oligo-éléments, des bienfaiteurs santé souvent négligés

Publié le 16 septembre 2020 par Nadia Hamam sur www.marieclaire.fr

Magnésium, zinc, fer, potassium, cuivre… une vingtaine de micro nutriments d’origine minérale nous sont indispensables pour rester en bonne santé. Découvrez l’oligothérapie.

Vous connaissez le rôle essentiel des vitamines et vous vous supplémentez sans ciller en cas de baisse de régime. Mais savez-vous que les oligoéléments sont tout aussi essentiels au bon fonctionnement de votre corps ?

Disponibles en quantité infinitésimale dans notre organisme, lithium, cobalt, manganèse, or, argent, iode et autres potassium interviennent naturellement dans de nombreuses réactions chimiques, et pas des moindres. Sans ces “biocatalyseurs”, notre corps serait bien en peine d’utiliser les bonnes vitamines qu’on s’échine à lui fournir.

Une dénutrition générale

Ces minéraux, présents en nous à l’état de traces, sont vitaux. Problème : on ne les fabrique pas naturellement, le corps doit aller les puiser dans l’alimentation. Or celle-ci en manque de plus en plus, la faute aux pesticides et autres traitements chimiques diffusés par les cultures agricoles intensives. Lire aussi : Équilibre alimentaire : comment manger sainement et se faire plaisir ?

“Ce modèle d’exploitation agraire épuise les sols”, explique Valérie Espinasse. La micro nutritionniste parisienne dénonce aussi « les processus d’industrialisation alimentaire qui entraînent en parallèle une dévitalisation des aliments qui composent les plats préparés. La majorité d’entre nous avalons aujourd’hui ce qu’on appelle des ‘calories vides’, autrement dit des repas riches en calories mais pauvres en nutriments.”

Bref, nous souffrons de dénutrition systématique en oligoéléments. Ce type de carence peut engendrer une fatigue chronique, la perte de l’odorat, la chute de l’immunité, des prurits ou encore des troubles thyroïdiens. D’où l’importance de l’oligothérapie, ou l’art de rééquilibrer la présence de ces micro substances dans le corps, à des fins thérapeutiques. Lire aussi : Tous les bienfaits de la micronutrition pour la santé

Comment ça marche ?

Enfants, femmes enceintes, personnes âgées… l’oligothérapie est ouverte à tous, mis à part quelques rares cas particuliers (tuberculose, par exemple). La démarche est simple : il suffit d’administrer un ou plusieurs oligoéléments, en cure de fond, pour prévenir ou atténuer une carence, parfois même en soutien d’un traitement médical traditionnel (souvenez-vous du fameux cocktail cuivre-or-argent prescrit pour renforcer son immunité en cas de rhume !). La vidéo du jour :

Pour une assimilation optimale, on les ingère sous forme liquide et d’origine naturelle –minérale plutôt que chimique, de préférence à jeun, 15 minutes avant un repas. Certaines formules préconisent la voie sublinguale, exactement comme pour l’homéopathie.

La question du terrain

Parmi les avantages de cette thérapie douce, on note l’absence de risque d’overdose car les oligoéléments sont en majorité hydrosolubles : “l’organisme prend ce dont il a besoin puis élimine le reste”, note Valérie Espinasse.

Le lithium, toutefois, nécessite obligatoirement une prescription médicale. Mais si l’auto-médication est un bon réflexe côté magnésium, il vaut mieux consulter un professionnel pour le reste. Ce dernier se penchera sur vos antécédents familiaux, votre résistance immunitaire ou encore votre psychologie pour adapter le traitement à votre terrain. Lire aussi : L’épigénétique : comment nos émotions peuvent reprogrammer notre ADN

“Il est intéressant de réaliser un dosage précis de l’état des réserves avant et après le traitement, histoire de voir d’où l’on part et où l’on arrive”, préconise la thérapeute. Si la rectification alimentaire associée à une supplémentation ne suffit pas, il faut s’intéresser à la flore intestinale, dont le pouvoir d’assimilation peut être défaillant. Associer des probiotiques à la cure peut être une solution”, suggère l’experte.

Les 6 oligoéléments clés pour une bonne santé

Si nous sommes conscients de l’importance du fer dans la création de l’hémoglobine, l’autre star de la famille des biocatalyseurs est le magnésium, nécessaire à pas moins de… 300 enzymes. On le trouve dans la banane, le cacao, les oléagineux, les céréales complètes, les légumes secs, le poisson et les crustacés.

La cure de magnésium permet de lutter contre la fatigue, le stress, la spasmophilie, le froid ou les troubles du sommeil. Certains médecins conseillent une supplémentation en continu pour faire face au stress chronique de notre mode de vie moderne. “Le surmenage, au même titre que les maladies métaboliques, le diabète et bien d’autres états pathologiques entraîne des fuites importantes de magnésium, ce qui aggrave les carences”, souligne Valérie Espinasse.

Acteur majeur de l’immunité, le cuivre aide le corps à utiliser le fer, limite les dommages crées par la radicaux libres, soutient la thyroïde, protège les tissus nerveux, renforce le système osseux. Les aliments qui en possèdent le plus sont le foie, le cacao, les céréales complètes, les coquillages ou les raisins.

Régulièrement croisé dans les rayons des compléments alimentaires, le sélénium intervient dans la production des hormones thyroïdiennes, la reproduction de notre ADN cellulaire et le système immunitaire. Noix du brésil, coquillages, champignons, œufs, abats, poissons, céréales complètes, ail et légumes en constituent de bonnes sources. Lire aussi : Compléments alimentaires : pourquoi il ne faut pas les prendre à la légère

Autre oligoélément à surveiller : l’iode. Disponible en abondance dans les fruits de mer, les algues et poissons, et en quantité moindres, dans les produits laitiers et les œufs, l’allié de la thyroïde doit toutefois être suivi avec plus de rigueur que les autres, ses fluctuations pouvant perturber durablement le fonctionnement de la glande thyroïdienne.

L’oligothérapie : qu’est-ce que c’est ?

Publié le 25 mars 2019 sur www.senioractu.com

L’oligothérapie est tout à la fois une médecine ancestrale et une médecine d’avenir, néanmoins encore méconnue. Dans ce contexte, le laboratoire des Granions, spécialisé dans les compléments alimentaires vient de lancer un site intitulé L’oligothérapie pour la vie qui permet de mieux comprendre l’oligothérapie. Détails.

Qu’est-ce qu’un oligoélément ?
Les oligoéléments sont des métaux ou métalloïdes naturellement présents dans l’organisme à l’état de trace (« oligos » voulant dire « peu » en grec). Par opposition aux éléments chimiques majeurs du corps humain (oxygène, carbone, azote, sodium, potassium, chlore…), ils se trouvent le plus souvent en quantité inférieure au mg/kg de poids corporel, de l’ordre de la fraction de mg, le μg.

Il ne faut pas pour autant croire qu’ils sont insignifiants, c’est tout le contraire ! Leur présence est capitale, puisque sans eux, pas de vie possible, d’où leur qualificatif « d’essentiels ». Ce sont des minéraux majeurs, utilisés par toute forme de vie, allant des cellules en passant par les microbes, les abeilles, les poissons rouges, les girafes, les hommes.

Leur intervention est obligatoire et permanente, depuis le fonctionnement de base des cellules jusqu’au maintien de l’équilibre de l’organisme. Ils participent à une multitude de réactions chimiques et biologiques qui permettent à nos cellules de fonctionner et de communiquer.

Ils sont indispensables aussi bien aux signaux hormonaux qu’aux défenses immunitaires ou au renouvellement de nos tissus puisqu’ils entrent par ailleurs dans la composition de nos muscles, de nos organes, de nos os, de nos dents, de nos fluides corporels. Paradoxalement, alors que tout être vivant a un besoin crucial en chacun des oligoéléments, aucun organisme ne sait les élaborer.

Sachant qu’à chaque millième de seconde qui passe, des milliards de réactions sont nécessaires pour assurer les fonctions de base de l’organisme, les oligoéléments sont de véritables activateurs enzymatiques.

Un seul oligoélément manque et tout peut s’enrayer…
Le plus souvent, une réaction enzymatique en entraine une autre. Par exemple, la synthèse d’une hormone passe par plusieurs transformations nécessitant toute une succession de réactions enzymatiques. Un seul oligoélément manquant peut gripper la chaine.

Un peu d’histoire…
Les oligoéléments sont des minéraux que l’on trouve dans l’écorce terrestre. Ils étaient présents dès l’origine de la vie à l’état de traces dans la mer originelle, là où les cellules vivantes sont apparues. Les premières cellules ont dû utiliser ces traces de métaux, catalyseurs naturels, pour lier et maîtriser l’oxygène qui venait d’apparaître sur terre.

Par la suite, les oligoéléments auraient aussi contribué au message hormonal, une leurs autres actions majeures, permettant à de nouveaux organismes vivants plus complexes de se développer.

Après avoir rendu la vie possible en participant activement à la genèse, les oligoéléments ont été utilisés au cours des siècles au hasard de leurs bienfaits.

Dès l’antiquité, les coupes en argent servaient à purifier les eaux de boisson en évitant le développement des bactéries, le cuivre était employé pour fabriquer des bracelets contre les douleurs articulaires. Les Romains utilisaient le soufre pour la désinfection de leur habitat et pour traiter les affections de la peau.

Chez les Égyptiens, le zinc était connu pour accélérer le processus de cicatrisation des plaies. Au moyen-âge, le moine Basile Valentin aurait même soigné les goitres de ses patients grâce à l’administration d’éponges marines, véritables réservoirs d’iode.

En 1528, Paracelse, médecin alchimiste suisse, utilisait certains métaux en thérapie (or, argent, cuivre, étain, fer, plomb, mercure) qu’il faisait fondre dans des seaux destinés à traiter différentes affections, avant d’y plonger une feuille qu’il appliquait sur la partie intéressée. En France également, certains oligoéléments sont connus et utilisés depuis fort longtemps, comme l’iode (intervenant dans la synthèse des hormones thyroïdiennes) dont le rôle est reconnu depuis près de deux siècles.

Vers la fin du XIXe siècle, Gabriel Bertrand, chercheur à l’Institut Pasteur, émet l’hypothèse que les métaux et les métalloïdes présents dans les tissus vivants, même en très petites quantités, participent de façon capitale au cycle chimique de la vie en tant que catalyseurs directs ou indirects des réactions enzymatiques.

Ce n’est qu’à partir de 1912 et grâce aux nouveaux moyens techniques permettant de les mettre en évidence et de mieux les caractériser, que la biochimie commence à reconnaitre l’importance de l’infiniment petit et à faire une place progressivement croissante aux oligoéléments.

Il faut encore attendre les années 30 pour que l’oligothérapie soit introduite en France par le Dr Jacques Ménétrier, qui utilise les oligoéléments comme biocatalyseurs dans les maladies fonctionnelles. Autrement dit, en fonction de son terrain, l’organisme développera diverses pathologies, sauf si on lui fournit les éléments traces pour rétablir l’équilibre.

Et c’est seulement dans les années 50 que nait véritablement l’oligothérapie en tant que médecine naturelle visant à prévenir ou soigner par l’administration d’oligoéléments (l’oligothérapie nutritionnelle).

A quoi servent les oligoéléments ?
Catalyseurs, messagers cellulaires et agents structuraux : les oligoéléments sont essentiels aux fonctions vitales.
Les oligoéléments ont des fonctions très variées :
• Ils sont des cofacteurs d’enzyme (zinc),
• Ils entrent dans la structure des vitamines (cobalt, molybdène),
• Ils participent à l’expression des signaux hormonaux (zinc, iode) ou à la défense de l’organisme (fer, zinc, sélénium),
• Ils ont un rôle structural (zinc, silicium).

Les biocatalyseurs de réactions enzymatiques
À l’intérieur de nos cellules se déroule continuellement un nombre infini de réactions chimiques, de façon simultanée et coordonnée. Ces réactions impliquent des milliers d’enzymes auxquelles les oligoéléments participent de deux façons :
• Ils activent les enzymes : ils se comportent comme des cofacteurs enzymatiques, c’est-à-dire qu’ils se lient aux protéines que sont les enzymes, ce qui change leur forme et les rend actives.
• Ils sont partie intégrante de la structure de l’enzyme. On parle de métallo-protéine pour l’hémoglobine (protoporphyrine et fer) ou la vitamine B12 (protoporphyrine et cobalt).

Les cofacteurs hormonaux
Certains oligoéléments sont présents en tant que :
• Élément structural de certaines hormones (par exemple l’iode dans les hormones thyroïdiennes, ou le zinc qui se lie à l’insuline ou à la thymuline)xi,
• Co-facteurs enzymatiques intervenant dans la synthèse d’hormones (le zinc est un cofacteur dans le métabolisme de la testostérone)
• Facilitateur ou inhibiteur de la fixation de l’hormone sur son récepteur membranaire.
Les bioconstructeurs
• Le manganèse participe à la synthèse des constituants de base du cartilage (protéoglycanes, chondroïtine-sulfate).
• Le cuivre intervient dans la synthèse des fibres du tissu conjonctif comme l’élastine et le collagène, ce qui en fait un élément majeur dans la croissance et la réparation tissulaire des vaisseaux, du cartilage osseux, de la peau et des poumons.
• Le zinc permet la synthèse de kératine, protéine structurelle de la peau, des cheveux, des ongles.
• Le fluor renforce la solidité des os et des dents en remplaçant un hydroxyle dans l’hydroxyapatite.

Les oligoéléments et la défense de l’organisme
• Certains oligoéléments participent à la défense immunitaire (fer, zinc, sélénium) en facilitant par exemple la prolifération des lymphocytes, dans le cas du zinc.
• Les oligoéléments contribuent à la lutte contre les radicaux libres. Les systèmes enzymatiques anti-radicalaires (superoxydes dismutases, catalases, glutathions peroxydases) utilisent des oligoéléments comme cofacteurs (cuivre, zinc, manganèse, sélénium), d’où le terme « d’oligoéléments antioxydants ».
Les oligoéléments et la communication cellulaire
• Les canaux ioniques qui traversent la membrane des cellules sont à l’origine du passage de l’information dans la cellule. Le flux ionique (Na+, K+, Ca2+, Mg2+) qui en résulte assure l’excitabilité et la contractilité des cellules.
• Le manganèse, par exemple, inhibe le canal calcium, bloquant l’entrée du calcium et la sortie du potassium, tandis que le lithium inhibe le canal sodique, s’opposant à l’activité excitatrice du sodium.